perfectionnisme

En discutant hier soir avec ma compagne, elle me posa une intéressante question. Quelle différence je voyais entre le perfectionnisme et la persévérance? Je me dis alors que si elle se pose la question, d’autres vont se la poser. Je me suis immédiatement dit que cela pourrait être un sujet intéressant.

Qu’est ce que le perfectionnisme ?

Le perfectionnisme est, dans ce que Lise Bourbeau explique, une conséquence de l’une des nombreuses blessures de l’âme. En effet, un perfectionniste a en réalité horreur de la critique et à peur de se faire juger par l’autre. De ce fait, il se donne pour mission d’être irréprochable dans ce qu’il entreprend. Il y a souvent la blessure du rejet ou de la trahison qui se manifeste à travers le perfectionnisme. On pense souvent que c’est une qualité d’être perfectionniste or il n’en est rien. Le perfectionnisme représente une éternelle insatisfaction de soi-même et de ce que l’on produit. Là où certains ont la justesse de s’arrêter, le perfectionniste voit tous les défauts et ne cesse d’améliorer le pourcentage dont personne ne se soucis.

J’écris cela en connaissance de cause ayant été un ancien perfectionniste. J’ai nourri pendant des années une blessure d’humiliation avec les croyances limitantes associées. Le perfectionniste empêche le passage à l’action. Lorsqu’un projet est terminé, le perfectionniste que j’étais était incapable de passer à autre chose car ça n’était pas parfait. Or, la perfection n’est pas de ce monde et avoir une telle exigence avec soi-même est caractéristique d’une peur que l’autre pourrait nous dire que notre travail est décevant. Il n’y a rien de pire pour un perfectionniste d’être confronté à ça.

Les blessures liées au perfectionnisme

Bien souvent, la personne incarnant le perfectionnisme sera du genre à éviter le conflit. Lorsqu’il n’est pas d’accord avec l’autre, il préférera s’effacer adoptant le masque du fuyant dans la blessure du rejet. Ou alors, il explosera de colère pour montrer son indignation s’il porte la blessure de l’humiliation, ce qui était mon cas. Est-ce qu’un perfectionniste est forcément persévérant? Et bien pas forcément. Le perfectionniste sera plutôt du genre stagnant car incapable de passer régulièrement à l’action. C’est un collectionneur de diplôme également. Forcément, il a tellement peu d’estime de lui-même qu’il a besoin de la reconnaissance extérieure pour se montrer impeccable dans la société. Le perfectionniste pense qu’il sera ainsi accepté.

Lorsque j’entends quelqu’un me dire qu’il est perfectionniste et voit cela comme une qualité, je perçois aujourd’hui la blessure qui l’anime. Pour moi c’est tout sauf une qualité et même en entreprise où le perfectionnisme empêche la tranquillité d’esprit et le passage à l’action.

Qu’est ce que la persévérance ?

La persévérance est un talent, c’est l’art de résister et de durer dans le temps malgré les épreuves. Souvent la persévérance est reliée à la passion. Lorsqu’une passion ou une envie nous anime profondément, nous allons être persévérant. La persévérance s’oppose au perfectionnisme car le persévérant est juste. Il sait poser ses limites et se respecte et à une vision à long terme de ce qui l’anime. Le persévérant sera plutôt dans la joie de ce qu’il entreprend et du but qu’il s’est fixé. Peu importe la finalité, le persévérant prend plaisir dans le chemin qu’il dessine.

C’est une qualité que la persévérance. Le persévérant est quelqu’un de fiable et sait aussi dire non lorsqu’il faut changer de chemin. Il n’a pas peur de la réaction de l’autre et ne cherche pas à être reconnu, il fait en général cela pour lui car il en a envie. L’estime de soi est en général bon. Dans ma vie j’ai été également persévérant, que je considérais d’ailleurs à tort avec le perfectionnisme. En effet, cela fait depuis mes 28 ans (j’en ai 41 au moment d’écrire cet article) que je n’ai pas raté une seule séance de sport. En effet, le sport fait parti de mon bien-être général et je me sens donc persévérant à ce niveau. Toutefois, à un moment de ma vie sportive, je me mettais en danger en testant mes limites car j’étais également perfectionniste.

La persévérance peut-elle être se teinter de perfectionnisme ? Et, inversement ?

Le persévérant peut en effet être perfectionniste. Cela a été mon cas dans le domaine sportif mais également dans le domaine professionnel. Je suis quelqu’un de très endurant lorsqu’il s’agit de réaliser un projet à long terme. Malheureusement je passait trop de temps à perfectionner ma conception et mes algorithmes. Comme j’étais insatisfait, je voyais immédiatement ce qui n’allait pas quitte à tout recommencer. C’est assez problématique lorsque l’on est soumis à des contraintes de temps en entreprise.

Est-ce que le perfectionniste et forcément persévérant? Et bien pas vraiment. Le perfectionniste peut aussi abandonner. Lorsqu’il le fait, il se juge et se rejette exprimant ainsi sa blessure du rejet. Il peut aussi se sentir honteux ou être en colère après lui-même exprimant ainsi sa blessure de trahison. En réalité beaucoup de gens ont l’une de ses blessures. Cela donne souvent des bourreaux de travail qui finissent en burn-out car les personnes ne se respectent pas.

Conclusion

En conclusion, je dirais donc que le perfectionnisme si elle peut dans un premier temps apparaître comme une qualité est en réalité une blessure de l’âme. Cette blessure a pour conséquence de se rejeter, d’être dur avec soi, d’avoir peur de la réaction de l’autre. Aussi, le perfectionniste a peu d’estime de lui et le regard extérieur est très important pour lui. La persévérance est en revanche une qualité d’âme car elle est reliée directement à une passion ou à une envie profonde. Le persévérant sera animé par la joie et le plaisir qu’il va prendre dans le chemin à réaliser son objectif. Le persévérant peut-être perfectionniste mais l’inverse n’est pas forcément vrai, c’est-à-dire que le perfectionniste n’est pas forcément persévérant.

 

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